Biens et Patrimoine

Comment faire baisser son revenu fiscal de référence : dispositifs légaux, placements défiscalisants et arbitrages patrimoniaux

Comment faire baisser son revenu fiscal de référence : dispositifs légaux, placements défiscalisants et arbitrages patrimoniaux

Comment faire baisser son revenu fiscal de référence : dispositifs légaux, placements défiscalisants et arbitrages patrimoniaux

Chaque automne, c’est la même scène : vous ouvrez votre avis d’imposition, vous tombez sur la ligne « revenu fiscal de référence » (RFR), et vous vous demandez pourquoi elle grimpe plus vite que votre salaire. Et surtout : pourquoi tout – ou presque – en France semble dépendre de ce fameux chiffre.

Plafonds pour les aides, exonération de taxe foncière, prime d’activité, bourses étudiantes, taux du LEP, contribution à l’audiovisuel (hier), et demain… qui sait ? Le RFR, c’est un peu votre « score social » fiscal. Plus il est élevé, moins vous avez droit à des avantages. Mécanique, implacable.

La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des moyens légaux de le faire baisser. Pas en bricolant votre déclaration n’importe comment, mais en optimisant : choix de placements, arbitrages de revenus, timing de certaines opérations. On va passer tout ça au crible, calmement, sans vendre du rêve, mais avec des pistes très concrètes.

Revenu fiscal de référence : à quoi il sert vraiment ?

Le RFR, ce n’est pas juste votre revenu imposable. C’est un indicateur calculé par l’administration à partir de :

Pourquoi c’est important ? Parce que le RFR sert de critère pour :

Autrement dit : même si vous payez peu ou pas d’impôt sur le revenu, un RFR trop élevé peut vous fermer beaucoup de portes.

Objectif du jeu : agir sur ce qui alimente le RFR. Pas en fraudant, mais en choisissant des dispositifs qui réduisent vos revenus imposables, ou qui logent vos revenus dans des enveloppes fiscalement plus douces.

Avant les « produits miracles » : les basiques qui font vraiment baisser le RFR

On va commencer par ce qui fonctionne immédiatement et qui est souvent sous-exploité. Pas très sexy, mais diablement efficace.

Les charges déductibles : le levier le plus simple et le plus oublié

Certaines dépenses viennent en déduction directe de vos revenus, donc diminuent mécaniquement votre revenu imposable et votre RFR. Vous n’avez même pas besoin d’ouvrir un PER exotique au Luxembourg pour ça.

Les principales charges déductibles à ne pas oublier :

Anecdote : j’ai vu des contribuables perdre le bénéfice de certains plafonds de dispositifs sociaux pour… ne pas avoir pris 30 minutes pour recalculer leurs frais professionnels en « frais réels ». Résultat : RFR en hausse inutile, et avantages perdus pendant plusieurs années. Tout ça pour une case mal cochée.

PER : l’allié (ou pas) pour comprimer son RFR

Le Plan d’Épargne Retraite (PER), c’est clairement la star actuelle pour réduire son revenu imposable, donc son RFR.

Le principe est simple :

Intérêt majeur :

Mais – car il y a un mais – les fonds sont bloqués jusqu’à la retraite sauf cas de déblocage anticipé (achat de la résidence principale, accidents de la vie). Donc oui, c’est un levier puissant… à condition de ne pas avoir besoin de cet argent demain matin.

Typiquement pertinent pour :

Astuce pratique : vous pouvez jouer sur le timing des versements. Une grosse prime qui tombe ? Un bonus exceptionnel ? Vider l’intégralité sur un PER n’est pas toujours la bonne idée, mais en orienter une partie peut faire passer sous un seuil de RFR stratégique.

Immobilier locatif : quand les travaux font respirer votre RFR

L’immobilier est souvent présenté comme le terrain de jeu des défiscalisateurs en série. En réalité, la clé pour agir sur le RFR, ce sont surtout :

Trois cas à regarder de près :

Le piège fréquent : se lancer dans un dispositif type Pinel uniquement pour « payer moins d’impôt » sans regarder l’impact réel sur le RFR… et surtout la rentabilité nette. Un Pinel mal acheté, c’est une double peine : patrimoine médiocre + dépendance à la carotte fiscale.

Les placements défiscalisants : utiles, mais pas magiques

On arrive aux fameux « produits de défiscalisation ». Ceux qu’on vous vend souvent en fin d’année, avec un ton légèrement paniqué : « il faut se dépêcher avant le 31 décembre ». Respirons.

Quelques points clés :

Parmi les placements à regarder, avec des pincettes :

Traduction : ces produits ne sont pas la base d’une stratégie RFR. Ce sont des compléments éventuels, quand votre situation patrimoniale est déjà structurée, vos fondamentaux (PER, immobilier, assurance-vie, PEA) bien en place, et que vous savez très exactement ce que vous faites.

Arbitrages patrimoniaux pour un RFR plus léger

Beaucoup d’épargnants raisonnement encore « en taux brut », sans intégrer l’impact du RFR et de la fiscalité globale. Résultat : ils accumulent des placements bancaires imposés au PFU ou au barème… et s’étonnent de voir leur RFR grimper.

Voici quelques grands arbitrages à envisager.

Assurance-vie : enveloppe fiscale et gestion du RFR

L’assurance-vie reste un outil très puissant pour gérer vos revenus sans faire exploser votre RFR :

Autre point intéressant : après 8 ans, l’abattement annuel sur les gains (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple) permet de générer un revenu complémentaire très peu imposé, avec un impact maîtrisé sur le RFR.

PEA : des plus-values qui ne gonflent pas votre RFR (tant que vous ne sortez pas)

Le Plan d’Épargne en Actions (PEA) permet d’investir en actions européennes avec une fiscalité avantageuse après 5 ans de détention :

Sur le plan du RFR, l’intérêt est clair :

En pratique, un PEA bien géré peut être un excellent outil pour construire un capital boursier sans lourde incidence sur votre RFR pendant la phase de constitution.

Dividendes, intérêts : choisir entre PFU et barème, et impact sur le RFR

Depuis la mise en place du Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU, ou « flat tax » à 30 %), vous avez en principe deux options pour vos revenus de capitaux mobiliers :

Et pour le RFR ? Dans les deux cas, ces revenus sont intégrés à la base du calcul (avec quelques subtilités d’abattement pour les dividendes). Donc, multiplier les revenus de ce type sans réflexion, c’est assurer une progression régulière de votre RFR.

Deux pistes :

Transmission, démembrement et stratégies familiales

On sort un peu du court terme, mais sur plusieurs années, ces stratégies peuvent alléger sensiblement le RFR familial.

Quelques exemples :

Évidemment, ce type de stratégie ne se fait pas sur un coin de table. Mais l’idée à retenir est simple : votre RFR n’est pas juste le reflet de vos revenus, c’est aussi le résultat de la façon dont votre patrimoine est organisé.

Adapter sa stratégie RFR à son profil

Vouloir « faire baisser son RFR » n’a aucun sens si on ne précise pas : pourquoi, dans quel horizon de temps, et avec quels moyens.

Trois profils, trois logiques :

Dans tous les cas, la logique doit être la même : le RFR est un indicateur à optimiser, pas une obsession qui pilote tout. Si vous sacrifiez rentabilité, liquidité et cohérence patrimoniale uniquement pour gagner un plafond d’aide, vous risquez de perdre bien davantage sur le long terme.

Les erreurs fréquentes… et comment les éviter

Pour finir, quelques pièges que je croise régulièrement :

En résumé, faire baisser son revenu fiscal de référence, ce n’est pas un coup de baguette magique à base de produit miracle, c’est un ensemble de choix cohérents :

Et si, en plus, cela vous permet de mieux comprendre comment l’État suit vos revenus à la trace via ce fameux RFR, vous aurez déjà gagné quelque chose : la capacité de décider plutôt que de subir.

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