Biens et Patrimoine

Le contrat de capitalisation vs l’assurance vie : différences fiscales et stratégies pour optimiser votre patrimoine

Le contrat de capitalisation vs l'assurance vie : différences fiscales et stratégies pour optimiser votre patrimoine

Le contrat de capitalisation vs l'assurance vie : différences fiscales et stratégies pour optimiser votre patrimoine

Si vous avez déjà parlé de gestion de patrimoine avec un banquier ou un conseiller, vous avez sans doute entendu cette phrase : « Le contrat de capitalisation, c’est comme une assurance vie. » Ce qui est à peu près aussi précis que de dire qu’un duplex et un local commercial, « c’est pareil, c’est de l’immobilier ».

En réalité, contrat de capitalisation et assurance vie partagent beaucoup de points communs… mais leurs différences fiscales et patrimoniales peuvent complètement changer votre stratégie. Et parfois, entre faire les bons arbitrages et payer trop d’impôts, il ne manque qu’un contrat bien choisi.

Assurance vie et contrat de capitalisation : cousins, pas jumeaux

Commençons par ce qu’ils ont en commun, histoire de poser le décor :

La grande différence ? L’assurance vie est un contrat d’assurance. Le contrat de capitalisation est, lui, un pur produit financier. Et cette nuance juridique change tout dès qu’on parle de succession, d’optimisation fiscale ou de transmission.

La fiscalité en cours de vie : assurance vie et « capit » au coude à coude

Sur la fiscalité des gains en cours de vie du contrat, les deux produits fonctionnent quasiment de la même façon.

Lorsque vous faites un rachat (partiel ou total), seule la part de gains dans le retrait est imposée. Et vous avez le choix entre :

Pour les contrats de plus de 8 ans, la fiscalité devient plus douce, à condition qu’il s’agisse de contrats souscrits avant le 27 septembre 2017 ou que les versements n’excèdent pas 150 000 € par personne. Vous bénéficiez alors :

Et c’est valable aussi bien pour l’assurance vie que pour le contrat de capitalisation. Sur ce point, match nul.

En pratique, c’est donc la même logique : si vous construisez une stratégie de revenus réguliers via des rachats partiels programmés, les deux enveloppes font le job. La vraie différence ne se voit pas pendant que vous êtes bien vivant, mais juste après, quand le notaire entre en scène.

Transmission : là où l’assurance vie prend une longueur d’avance… en apparence

C’est sur la transmission que beaucoup de conseillers se contentent d’une explication rapide, alors que c’est précisément là que tout se joue.

Avec l’assurance vie, les capitaux ne font pas partie de l’actif successoral (en principe). Ils sont transmis aux bénéficiaires désignés dans la clause bénéficiaire, avec un régime fiscal spécifique :

Résultat : pour transmettre hors succession, à des taux souvent plus intéressants que les droits classiques, l’assurance vie est un outil redoutablement efficace. Surtout si l’on anticipe avant 70 ans.

Le contrat de capitalisation, lui, n’a pas de clause bénéficiaire. À votre décès, il tombe dans l’actif successoral comme un bien classique : il est réparti entre vos héritiers selon la dévolution légale (ou vos dispositions testamentaires) et taxé aux droits de succession normaux.

Dit comme ça, on pourrait croire que l’assurance vie écrase le contrat de capitalisation. Mais c’est un peu plus subtil que ça.

Le gros point fort du contrat de capitalisation : il survit à son propriétaire

Contrairement à une assurance vie, qui s’éteint au décès de l’assuré, le contrat de capitalisation peut être transmis en l’état à vos héritiers. Et ça change tout.

Concrètement :

J’ai vu le cas d’une famille où les parents avaient souscrit des contrats de capitalisation assez tôt, qu’ils ont fait entrer dans leur succession. Les enfants ont récupéré des contrats de plus de 10 ans, qu’ils ont ensuite utilisés pour compléter leurs revenus avec une fiscalité optimisée. Là où, avec une assurance vie, tout aurait été liquidé et reconstitué… avec un compteur fiscal revenu à zéro.

En d’autres termes, pour transmettre l’enveloppe elle-même, et pas seulement le capital, le contrat de capitalisation est un outil extrêmement intéressant.

Contrat de capitalisation et donation : un allié sous-estimé

Autre avantage clé du contrat de capitalisation : il se prête particulièrement bien à la donation de son vivant.

Vous pouvez, par exemple :

Fiscalement, la donation du contrat est traitée comme une donation classique de valeurs mobilières : on applique les abattements (100 000 € par enfant tous les 15 ans, 31 865 € par petit-enfant, etc.), puis le barème des droits de donation. Mais là où le contrat tire son épingle du jeu, c’est que :

Vous pouvez donc organiser une transmission progressive, optimiser la fiscalité et garder la main sur le capital tant que vous êtes en vie. Cela ressemble furieusement aux schémas utilisés en immobilier avec l’usufruit et la nue-propriété, sauf qu’ici, on parle de placements financiers.

Personne physique, personne morale : le contrat de capitalisation prend encore de l’avance

Autre point que l’on évoque trop peu : les personnes moralesne peuvent pas détenir d’assurance vie. En revanche, elles peuvent parfaitement souscrire un contrat de capitalisation.

Pour une société à l’IS, par exemple, un contrat de capitalisation peut être utilisé comme :

J’ai vu des holdings familiales reposer en grande partie sur des contrats de capitalisation bien gérés, investis en unités de compte diversifiées. Le tout, avec une visibilité fiscale bien meilleure que des placements bancaires classiques, et une flexibilité plus intéressante en termes de gestion financière.

Sur ce terrain-là, l’assurance vie est tout simplement hors-jeu. Pour les structures sociétaires, le contrat de capitalisation est l’enveloppe de référence.

Assurance vie ou contrat de capitalisation : qui gagne côté IFI ?

Sur l’IFI, les deux produits fonctionnent de la même façon : ce qui compte, ce n’est pas le contrat lui-même, mais la nature des supports détenus à l’intérieur.

Si vous logez des supports immobiliers (SCPI, OPCI, SCI, fonds immobiliers) dans votre contrat – assurance vie ou capitalisation – la fraction de ces supports correspondant à de l’immobilier entre dans l’assiette IFI. Le reste (obligations, actions, ETF actions, fonds diversifiés non immobiliers, etc.) est hors IFI.

Aucune différence donc sur ce point entre les deux enveloppes. La vraie question ici, c’est la construction de l’allocation d’actifs, pas le choix de l’enveloppe.

Dans quels cas privilégier l’assurance vie ?

Malgré les belles qualités du contrat de capitalisation, l’assurance vie reste la star de la gestion de patrimoine… et ce n’est pas un hasard. Elle est, selon les cas, à privilégier si :

Pour simplifier : l’assurance vie est imbattable lorsqu’il s’agit de faire de la transmission fine, hors succession, avec une forte latitude dans la désignation des bénéficiaires et une fiscalité particulièrement avantageuse si l’on s’y prend tôt.

Dans quels cas le contrat de capitalisation prend le dessus ?

À l’inverse, le contrat de capitalisation devient très pertinent dans plusieurs configurations bien précises :

En pratique, dans beaucoup de patrimoines que je vois passer, la bonne question n’est pas « assurance vie ou contrat de capitalisation ? », mais plutôt : « Quel équilibre entre les deux ? »

Une stratégie combinée pour vraiment optimiser son patrimoine

Pour illustrer, prenez le cas d’un couple de 62 ans, avec :

Une stratégie possible pourrait être :

Résultat : on combine la puissance de l’assurance vie en matière de hors succession, et la finesse du contrat de capitalisation en matière de donation avec conservation de l’antériorité fiscale. Les deux produits travaillent ensemble, pas l’un contre l’autre.

Les erreurs classiques à éviter

Pour terminer, quelques écueils que je croise régulièrement :

Au fond, contrat de capitalisation et assurance vie sont deux outils complémentaires, avec une même base fiscale en cours de vie, mais des logiques de transmission très différentes. L’important n’est pas de choisir un camp, mais d’aligner chaque enveloppe avec vos objectifs : revenus futurs, protection du conjoint, transmission à vos enfants, soutien à un proche éloigné, ou optimisation via une structure sociétaire.

La bonne nouvelle ? Avec un peu de méthode (et quelques arbitrages bien pensés), il est tout à fait possible de faire travailler ces deux enveloppes ensemble pour construire un patrimoine qui ne se contente pas d’exister… mais qui est vraiment organisé.

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